Le cyclisme espagnol a perdu l'une de ses figures historiques. Ángel Arroyo, deuxième du Tour de France 1983, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à Ávila, sa ville natale, des suites d'une maladie qui le rongeait depuis plusieurs mois. Il avait 70 ans.

Qui était Ángel Arroyo, disparu à 70 ans

Le cyclisme espagnol pleure un pionnier. L'Espagnol Angel Arroyo, 2e du Tour de France 1983, est décédé dimanche à l'âge de 70 ans, une nouvelle confirmée par la fédération espagnole. Il s'est éteint dans la nuit du dimanche à lundi à l'hôpital d'Ávila, où il était hospitalisé depuis plusieurs semaines en raison d'une grave maladie. Plusieurs médias espagnols évoquent un cancer comme cause du décès.

Le dauphin de Fignon en 1983

Une révélation inattendue sur la Grande Boucle

En 1983, sous les couleurs de l'équipe Reynolds, devancière de l'actuelle équipe Movistar, Arroyo a terminé deuxième pour sa première participation au Tour de France, à 4 minutes et 4 secondes du vainqueur français Laurent Fignon. Une performance d'autant plus marquante qu'il n'avait jamais couru la course auparavant.

L'Espagnol a remporté au total quatre étapes sur les grands tours: deux au Tour de France, en 1983 et 1984, et deux au Tour d'Espagne. Sa victoire d'étape de 1983 restait associée à un contre-la-montre en côte vers le Puy de Dôme, décroché devant son jeune coéquipier Pedro Delgado.

Une Vuelta remportée, puis retirée

Quelques mois plus tôt, Arroyo avait connu une autre page marquante de sa carrière, beaucoup plus amère. Il avait initialement remporté l'édition 1982 de la Vuelta, avant d'en être déchu quelques jours après l'arrivée. Contrôlé positif lors de la 17e étape, il avait écopé d'une pénalité de dix minutes qui l'a fait rétrograder à la 13e place du classement général, lui qui a toujours nié s'être dopé.

Un palmarès qui a aussi profité à des Belges

Cette Vuelta 1982 a une résonance particulière pour les amateurs belges de cyclisme. Après la rétrogradation d'Arroyo, c'est le classement officiel qui a profité à deux compatriotes: Michel Pollentier a hérité de la deuxième place finale du classement général, derrière le vainqueur espagnol Marino Lejarreta.

Le Tour de France 1983, où Arroyo a brillé derrière Fignon, portait lui aussi une empreinte belge: cette année-là, c'est Lucien Van Impe qui avait remporté le classement de la montagne, confirmant la longue tradition de grimpeurs belges sur la Grande Boucle à la même époque que l'Espagnol d'Ávila.

Les hommages, de Pedro Delgado à Movistar

La nouvelle de sa mort a suscité une vague d'hommages dans le peloton espagnol. Le gérant général de Movistar, Eusebio Unzué, a confirmé le décès survenu dans la nuit de dimanche au Complexe hospitalier d'Ávila, après près de deux semaines d'hospitalisation pour une grave maladie détectée six mois plus tôt.

Pedro Delgado, ancien coéquipier et grand ami d'Arroyo chez Reynolds, a partagé un message personnel sur les réseaux sociaux. Il y évoque la place qu'Arroyo occupera toujours dans ses souvenirs, affirmant que « quand un ami s'en va, il laisse le silence. Mais il laisse aussi toute une vie de souvenirs. Ces souvenirs resteront toujours l'endroit où nous nous retrouverons ». L'équipe Movistar a de son côté salué « une légende du cyclisme espagnol et l'un des plus grands coureurs de notre équipe », rappelant que « c'est avec lui que nous sommes montés pour la première fois sur le podium du Tour de France en 1983 ».

Ce qu'il reste de son histoire

Sur le plan institutionnel, la ville d'Ávila a tenu à marquer le coup. La mairie a décrété deux jours de deuil officiel et installé une chapelle ardente au palais de Superunda, où le public peut lui rendre hommage. L'édile local a salué la mémoire d'un homme devenu une référence pour tout le cyclisme de la région.

Arrêté en 1989 après une fin de carrière compliquée par la maladie, Ángel Arroyo laisse une trace durable dans l'histoire du cyclisme ibérique, celle d'un grimpeur qui a ouvert la voie à la génération dorée de Pedro Delgado puis de Miguel Induráin. Pour les suiveurs belges de la discipline, son nom reste indissociable des parcours de légendes du peloton belge de la même époque, et plus largement de l'histoire récente racontée autour d'Remco Evenepoel, aujourd'hui fer de lance d'un cyclisme belge toujours tourné vers les grands tours.