La Fédération française de rugby a suspendu, dans la semaine du 17 octobre 2026, la licence de Ratu Nacika, deuxième ligne fidjien de l'US Dax, en Pro D2. Un échelon sous le Top 14, le club landais découvre une affaire aussi sensible que soudaine, à quelques heures d'un match.
Une suspension tombée à la veille d'un match
La Fédération française de rugby a suspendu la licence du deuxième ligne fidjien de l'US Dax, Ratu Nacika, à la suite d’un contrôle d’honorabilité en raison de sa condamnation pour agression sexuelle en novembre 2024. Le joueur, âgé de 31 ans, est l'un des piliers de la seconde ligne dacquoise depuis plusieurs saisons.
Il était l'étonnant et grand absent de dernière minute face à Montauban ce vendredi. Cette suspension est intervenue à peine 24 heures avant le match et la victoire contre Montauban (54-28). Dax a donc dû composer sans son deuxième ligne pour ce succès bonifié.
Au cœur du dossier : une condamnation pour agression sexuelle
Dans un courrier envoyé à la direction, la FFR explique avoir déclenché cette procédure à cause de la condamnation de Ratu Nacika pour agression sexuelle en novembre 2024. En novembre 2024, Ratu Nacika a été condamné par le tribunal de Dax à 12 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles, violences et dégradations de biens.
Les faits reprochés avaient été commis, selon son avocate, en état d'ivresse manifeste, une circonstance évoquée lors de précédentes démarches judiciaires concernant le joueur.
Ce que prévoit le Code du sport
Selon les informations disponibles, pour justifier la sanction, la Fédération s'appuie sur l'Article L212-9 du Code du sport. Ce texte précise que « nul ne peut exercer » les fonctions d'encadrement sportif en cas de condamnation pour certains délits, notamment à caractère sexuel, ce qui a déclenché le contrôle d'honorabilité visant Nacika.
Une bataille judiciaire entamée dès 2025
Ce dossier ne date pas d'hier. Une obligation de quitter le territoire français, délivrée le 10 octobre 2025 par la préfecture des Landes, devait arriver à échéance, mais un recours déposé par son avocate a rendu la mesure d'éloignement inapplicable jusqu'à la décision du juge administratif.
À l'époque, son avocate avait confié : « Cette mesure d'OQTF est un cataclysme pour lui », précisant que le joueur « ne touche plus à une goutte d'alcool » et qu'il « veut se consacrer totalement à sa carrière de rugbyman ».
La réaction du club
Le club conteste cette décision et prévoit de trouver une solution. La suspension de licence prive l'encadrement dacquois d'un cadre de la mêlée au moment où l'effectif est déjà fragilisé sur d'autres postes.
Le troisième ligne Paul Arnaud Ausset souffre en effet d'une désinsertion de l'ischio-jambier gauche nécessitant une opération, l'éloignant des terrains pour plusieurs semaines, ce qui a poussé Dax à recruter l'Anglais Freddie Lockwood, ancien joueur de Newcastle, comme joker médical. Ce renfort ne change toutefois rien à la situation spécifique de Nacika, qui relève d'une procédure disciplinaire et non sportive.
Quelles suites pour Ratu Nacika ?
Pour l'heure, aucune date n'a été communiquée sur l'issue du recours que le club entend porter face à la Fédération. Le flou demeure sur la possibilité, pour le joueur, de retrouver sa licence avant la fin de la saison de Pro D2.
Cette affaire relance le débat sur les contrôles d'honorabilité dans le rugby professionnel, un sujet déjà sensible dans un championnat récemment marqué par d'autres épisodes difficiles, comme la disparition soudaine du Gallois Hyron Andrews. Le sort de Nacika sera aussi suivi avec attention du côté de Bordeaux-Bègles, où un autre pilier international, David Ainu'u, a récemment fait parler de lui pour des raisons sportives cette fois.
