Ángel Arroyo, deuxième du Tour de France 1983 derrière Laurent Fignon, est mort dimanche à l'âge de 70 ans. La nouvelle a été confirmée lundi 5 octobre par la Fédération espagnole de cyclisme, qui a annoncé le décès sur les réseaux sociaux. Le cyclisme espagnol perd l'un de ses pionniers des années 1980.
Malade depuis plusieurs mois, l'ancien grimpeur est décédé à Ávila, sa ville natale. En hommage, la municipalité a décrété deux jours de deuil, selon la fédération espagnole.
Le Tour de France 1983, l'exploit qui a tout changé
Courant pour la première fois le Tour de France, Arroyo avait bouleversé la hiérarchie sous les couleurs de l'équipe Reynolds, devancière de l'actuelle formation Movistar. Il avait terminé deuxième du classement général, à 4 min 04 s du vainqueur français Laurent Fignon, alors âgé de 22 ans.
Le sacre du Puy de Dôme
Son exploit le plus marquant reste la 15e étape, un contre-la-montre en côte disputé jusqu'au sommet du Puy de Dôme. L'Espagnol s'était imposé devant son coéquipier chez Reynolds, Pedro Delgado, offrant à l'équipe espagnole l'un de ses plus beaux souvenirs dans la Grande Boucle.
Sur le podium parisien, le Néerlandais Peter Winnen avait pris la troisième place à 4 min 09 s, juste devant le Belge Lucien Van Impe, quatrième à 4 min 16 s. L'année suivante, Arroyo avait remporté une nouvelle étape du Tour, dans les Alpes, avant de terminer sixième du classement général.
Une Vuelta ternie par le dopage
Quelques mois avant son exploit français, Arroyo avait connu une tout autre expérience sur le Tour d'Espagne. Vainqueur de l'édition 1982, il avait été déclassé à la 13e place deux jours après l'arrivée, à la suite d'un contrôle antidopage positif au méthylphénidate, un stimulant alors interdit. La victoire était revenue à son compatriote Marino Lejarreta.
L'héritage d'un pionnier pour le cyclisme espagnol
Professionnel de 1979 à 1989, Arroyo aura au total remporté deux étapes du Tour de France et deux étapes du Tour d'Espagne au cours de sa carrière. Il fut, aux côtés de Pedro Delgado, l'une des grandes figures qui ont redonné au cyclisme espagnol une place de choix sur les routes françaises, quelques années avant l'avènement de Miguel Induráin.
Son parcours s'inscrit dans la lignée des grands rendez-vous du calendrier international, comme en témoignent les récents Mondiaux sur route, où la nouvelle génération continue d'écrire l'histoire de ce sport.
Les hommages après l'annonce du décès
La réaction de son ancienne équipe
Son ancienne formation, devenue Movistar au fil des décennies, a salué sa mémoire dans un communiqué. « Angel Arroyo, légende du cyclisme espagnol et l'un des plus grands coureurs de notre équipe, nous a quittés », a déclaré l'équipe, avant d'ajouter : « C'est avec lui que nous sommes montés pour la première fois sur le podium du Tour de France en 1983. C'était un cycliste fantastique et l'un des meilleurs grimpeurs de son époque. »
Une figure toujours citée en Espagne
Près de quarante-trois ans après son exploit au Puy de Dôme, le nom d'Arroyo reste associé à l'un des sommets mythiques du Tour de France, un col que la course a régulièrement remis à l'honneur dans son parcours. Sa disparition relance l'intérêt pour cette période charnière du cyclisme espagnol, entre l'ère Reynolds et celle qui allait porter l'Espagne au sommet du cyclisme mondial dans les années 1990.
